Après la visite des chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, plus grand chantier naval d’Europe, Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste français se rendait à La Manufacture, boulevard Stalingrad à Nantes, où quelques 250 personnes attendaient pour échanger avec lui.

Est-ce là le retour de gilets jaunes ou l’expression d’une colère ancrée dans un mouvement politisé et sensiblement plus incarné par la jeunesse ? Nombreuses sont les questions qui tournent autour de l’appel à « tout bloquer » le 10 septembre prochain. 

« Élue nationale de mon syndicat CGT Finances Publiques, nous avons débattu le 28 août de l’appel de la CGT pour le 10 septembre et y avons souscrit. 

La colère sociale est forte. Nous mettons tout en œuvre pour mobiliser nos collègues, informer la population contre le budget de Bayrou car la question du budget de l’État et donc du rôle de l’impôt au service des citoyen.nes à travers les services publics est centrale. Mais le 10 septembre n’est qu’un point d’étape et c’est bien l’économie du pays qu’il faut bloquer pour imposer d’autres voies budgétaires. Ce budget d’austérité inédit répond aux velléités de l’Otan et à une guerre que, profondément pacifistes, nous ne voulons pas. L’argent existe, il faut aller le chercher :

Obsédé par les gains de productivité, par la réduction de la masse salariale, donc des effectifs, le Directeur Général de la Cnam a décidé de mettre en fonctionnement un logiciel prétendument magique : Arpège, sensé améliorer les traitements des arrêts de travail et les indemnités journalières qui en découlent. 

Le Parti communiste français est en campagne pour la nationalisation d’ArcelorMittal, 2e fabricant mondial d’acier, propriété du magnat indien Lakshmi Mittal qui est un spécialiste du rachat d’aciéries et des OPA hostiles sur ses concurrents, comme pour Arcelor en 2006, avec l’aval de l’État français. Face aux menaces sur l’industrie sidérurgique française, Emmanuel Macron et le gouvernement refusent l’idée de la nationalisation. 

Ahmet, les mouvements sociaux sont peu fréquents dans le secteur du commerce, peux-tu nous décrire le contexte ? Et d’abord qui est Primark ?

Primark est une chaîne de magasins irlandaise, installée en France depuis 2017 et spécialisée dans la distribution de vêtements à petits prix. Elle met en œuvre une politique sociale désastreuse et, tout en parlant de cohésion de groupe, de dialogue avec les employés, empêche ceux-ci de parler entre eux, les surveille, les flique non stop. La direction ne veut pas qu’il y ait des affinités au travail et marque la différence entre les managers et les autres. Elle cherche à empêcher toute contestation : à Mulhouse récemment, ils ont licencié sept camarades grévistes, mais ça n’empêche pas que ça bouge un peu partout : à Toulon, il y a eu 250 grévistes.

Il y a 130 ans, c’était le 23 septembre 1895 à Limoges, un congrès constitutif réunissait 28 fédérations d’industries et de métiers, 18 Bourses du travail et 126 syndicats pour donner naissance à la Confédération Générale du Travail.

Actrice de l’histoire sociale du pays, la CGT va en épouser tous les soubresauts, une histoire de luttes, de conquêtes, de défaites et de résistance. 

Début avril, la commission d’enquête parlementaire sur la protection de l’enfance dévoilait ses conclusions et avançait un certain nombre de recommandations. Scindés en deux périodes, parce qu’interrompus par la dissolution de l’Assemblée nationale, les travaux ont clairement établi des défaillances à tous les niveaux, tout en pointant plus particulièrement la responsabilité de l’État, malgré des efforts législatifs certains.

Les constatations faites sont effectivement consternantes, avec des chiffres qui accusent une forme d’échec global : Concernant presque 400 000 mineurs et jeunes majeurs relevant de l’ASE, 6 à 7 000 enfants sont toujours en attente d’une décision de placement, presque 3500 placements non exécutés, faute de familles d’accueil ou de structures adaptées, faute d’un épuisement des personnels et de 30 000 postes non pourvus.

En 2024, des mouvements d’agriculteurs d’une ampleur inédite ont bouleversé la France. Ces mouvements ont été portés, au départ, par des agriculteurs pris dans l’engrenage de la surproduction agroalimentaire et des systèmes spéculatifs des marchés. Au lendemain des élections des Chambres d’agriculture, le paysage représentatif de ces dernières laisse à nouveau une perspective amère sur les enjeux agricoles en France.

La FNSEA reste très majoritairement représentée au sein des Chambres d’agriculture, notamment celle de Loire-Atlantique ainsi que dans l’enceinte régionale. Partisane d’une agriculture industrialisée et fossoyeuse des outils de régulation des marchés agricoles, la FNSEA, associée au gouvernement actuel, risque fort, à nouveau, de mettre à mal l’agriculture « paysanne » portée par la Confédération paysanne et le Modef.

NLA : La stratégie industrielle de ArcelorMittal France annoncée par la direction laisse planer des inquiétudes, peux-tu nous en dire plus ?

La stratégie d’ArcelorMittal France semble se focaliser sur la maximisation des profits avec un minimum d’investissements. Lorsque des besoins d’investissement importants se présentent, l’entreprise prétend manquer de financements en raison de marges bénéficiaires insuffisantes en Europe, préférant investir aux États-Unis, au Brésil et en Inde. La CGT alerte depuis un an sur l’arrêt de la production de chrome en Europe, prévu fin 2027 et 2028, menaçant nos lignes de production. Pour y faire face, nous travaillons depuis près de dix ans sur des procédés alternatifs, mais un investissement de 30 millions d’euros est nécessaire pour passer à l’échelle industrielle.

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