Avec ce livre, la géographe Magali Reghezza-Zitt nous propose une « fiction scientifique ». À la différence de la science-fiction, il s’agit de décrire un futur possible sur la base des connaissances scientifiques d’aujourd’hui.
Nous voici dans la France de 2055. Le réchauffement moyen de la planète a été limité à 1,8°C, soit… 2,7°C en France. Nous avons mené à bien des chantiers immenses : fin de l’extraction des énergies fossiles, abandon du plastique, transformation de l’agriculture, des transports, de la gestion de l’eau et aussi adaptation à un environnement nettement plus chaud. « La réduction des émissions de gaz à effet de serre a transformé le contenu de nos assiettes et de nos placards, nos logements et nos quartiers, nos villes et nos campagnes ». Mais à la fin nous sommes plutôt en meilleure santé physique et mentale, dans un monde moderne et sobre qui n’a rien « d’amiche ».
Ce livre n’est pas un livre politique. Il se contente d’appeler à mettre l’action climatique et la crise de la biodiversité à l’agenda démocratique. « Ces menaces existentielles pour nos sociétés ne sont ni moins importantes ni plus compliquées à expliquer que la crise des finances publiques, (…) l’immigration, les défis géostratégiques ou militaires ». Et de faire un sort aux argumentaires technosolutionnistes ou opposant « fin du mois et fin du monde ».
Alors que nous cessons à peine de suffoquer sous une canicule (qui est pourtant une des plus douces des années à venir), le contraste est saisissant entre les évolutions urgentes et la politique en cours : réduction du Fonds Vert, loi Duplomb, etc.
Le Parti communiste, parti du bien commun par définition, sait que rien ne se fera tant que le Capital, qu’il soit industriel, agricole ou financier, dictera la politique du monde. Il est aussi le plus à même, en saisissant pleinement cette question, de proposer un projet alliant transformation sociale et transition écologique.
Bienvenue en 2055, Magali Reghezza-Zitt (éd. du Seuil) 21,50 €
