Depuis plusieurs semaines, Donald Trump multiplie les attaques contre le Canada, transformant la relation entre les deux pays en un bras de fer. Face à ces provocations répétées, le gouvernement Carney à Ottawa a choisi de ne pas répondre à chaque outrance, y compris lorsque Trump évoque l’idée de faire du Canada le 51e État des USA.

En Europe, la situation évolue. Confrontés aux mêmes pressions commerciales, les Vingt-Sept ont compris que les « négociations » classiques avec Trump ne suffisent plus. Une partie des dirigeants européens reconnaît désormais que Trump ne réagit qu’au rapport de force médiatique, économique ou symbolique, ce qui ouvre une nouvelle séquence géopolitique.

Un rapprochement stratégique entre l’UE et le Canada créerait un bloc transatlantique inédit depuis 1945, capable d’isoler les États-Unis si Washington persiste dans une logique de confrontation.

Sur le plan juridique, l’article 217 du traité sur le fonctionnement de l’UE permet la conclusion d’accords d’association, ouvrant la voie à une coopération approfondie sur des secteurs ciblés. L’adhésion à l’ « Espace économique européen », déjà utilisée par la Norvège ou l’Islande, est également envisageable. Mais elle impliquerait pour le Canada l’adoption d’un grand nombre de normes européennes, un chantier majeur qui nécessiterait du temps.

Pourtant, la simple évocation de cette option semble déjà produire des effets. Car si Trump poursuit ses invectives, le risque de pousser Ottawa vers l’UE affaiblirait durablement l’influence américaine. D’autant que les produits canadiens actuellement taxés ne sont pas ceux qui constituent le cœur des exportations du pays.