Les chemins de la paix sont ardus. Le conflit qui oppose la Russie et l’Ukraine et qui a dégénéré en guerre généralisée depuis février 2022 semble gelé sur le terrain. Nous sommes dans une phase particulièrement dangereuse avec un risque de montée aux extrêmes. À coups de drones et de fusées de part et d’autres comme un air de vengeance et de revanche. Les 330 milliards d’aides (militaires, financières et humanitaires) des pays de l’Otan, des USA et de l’Union européenne entretiennent une guerre par procuration qui ne mettra pas fin aux victimes (1 million), aux destructions et aux pollutions qui en découlent.
Ne serait-ce pas venu le temps de négociations pour construire la paix plutôt que la fuite en avant des va-t’en-guerre et du renforcement des arsenaux européens ? Ce surarmement se fait au détriment des budgets publics par une vaste spoliation dans l’UE.
Une guerre qui s’est cristallisée du fait de deux influences conflictuelles et concurrentielles. La volonté du capitalisme oligarchique et autoritaire russe d’aujourd’hui de conserver l’Ukraine dans sa sphère d’influence au nom d’une histoire, d’une culture et d’une géographie proche et entremêlée. Un fait bien réel. C’est une cause majeure. Elle ne justifie aucunement la terrible opération spéciale décidée par le président Vladimir Poutine en violant le droit international. L’autre cause et faute majeure du conflit est la volonté et l’avidité du capitalisme occidental de gagner de nouveaux marchés géographiques (dominations et richesses de sous-sol…) en intégrant à toute force l’Ukraine dans la sphère de l’Union européenne et de l’Otan et en repoussant les limites de l’influence russe le plus loin possible depuis la fin de l’Union soviétique en 1991.
Où sont donc les intérêts des Ukrainiens en matière de démocratie politique, sociale et économique, de développement souverain et de paix alors que leur pays est déchiré depuis quatre ans et demi ? Il n’y a pas de solution militaire. L’initiative des USA en septembre n’est pas à dédaigner. Avoir recours à d’autres pays tiers (Brésil, Inde, Chine, Turquie…) ne doit pas l’être non plus. Par la négociation, porter des propositions pour la paix et une indépendance renouvelée du pays qui coopère avec tous serait plus opérant. Que font l’UE et la France ? Fabien Roussel propose une coalition des Volontaires pour la paix.
Pour vivre, les chemins de la paix sont plus complexes que d’entretenir la guerre à coups de milliards (parfois détournés) avec l’illusion de la paix par la force. Le monde a besoin de la paix. Il faut en créer les conditions par une volonté politique.
