Après une immersion dans une œuvre-forêt de contes, l’exposition nous entraîne dans l’univers de la magie et des jeteurs – de jeteuses surtout – de sorts au travers des siècles. De la déesse Hécate, divinité de la magie, des carrefours et des profondeurs aux militantes féministes se revendiquant en modernes sorcières, nous découvrons l’histoire de mythes qui ont façonné l’imaginaire de nos sociétés à chaque époque, révélant nos craintes de l’inconnu et de la mort.
Le parcours qui nous est proposé au travers des 180 œuvres et objets présentés révèle une histoire des renversements des valeurs portées par les pouvoirs en place, politiques et religieux. Ceux-ci vont alors tout mettre en œuvre pour conforter leur domination, allant jusqu’à intenter plus de 100 000 procès en sorcellerie entre les XIVe et XIXe siècles et exécuter entre 60 000 et 90 000 personnes, femmes pour la très grande majorité, avec un acharnement obsessionnel.
C’est ainsi que, dans un monde patriarcal, la femme peut représenter « l’autre », dont les attributs domestiques – le balai, le chaudron… – peuvent devenir « preuves » de sorcellerie ou que le juif, étranger par excellence dans une Europe chrétienne, en vient à fournir des éléments « identitaires » : chapeau pointu, sabbat (déformation du Shabbat juif), étoile à six branches, « nez crochu » et autres élucubrations sorties de l’esprit tordu des inquisiteurs de l’époque, théorisées dans des manuels qui alors faisaient foi.
Avec l’époque moderne et le développement des Lumières, ce foisonnement d’imaginaire va être mis à profit dans les arts : littérature, peinture, théâtre, cinéma…
Certes passionnante, la visite de l’exposition peut être faite en visite guidée sur réservation, rien de tel pour obtenir des réponses aux questions soulevées.
Exposition « Sorcières » au Château des ducs à Nantes
Du 7 février au 28 juin 2026
