Questions à Stéphane Delassault, délégué syndical CGT de Tôlerie Émaillerie Nantaise (TEN)

NLA : Vous avez été en lutte pendant trois semaines, qu’est ce qui a poussé les salarié-e-s à la grève ?
Suite à une expertise comptable qui nous a révélé le « montage financier », d’un ras-le-bol depuis plus de deux ans sur l’organisation du travail et de non considération de la part des cadres et de la direction. Nous n’avons plus de prime de participation depuis plus de deux ans également. Des postes à responsabilité payés toujours au rabais au fil des années. Ça commençait à chauffer dans les ateliers et l’ambiance était de plus en plus tendue... jusqu’à l’explosion, la grève!

NLA : Quelles étaient vos revendications ?
Une augmentation du taux horaire de 5 %, une augmentation de la prime de transport, une prime compensatoire en cas de non-prime de participation, une prime de partage de la valeur de 3000 €, la revalorisation des coefficients à poste supérieur et non des primes à durée indéterminée, le passage de gratification annuelle d’assiduité en treizième mois. Nous voulions aussi que les responsables fassent leur travail, tant socialement que professionnellement. Nous voulions également pouvoir jouir de nos vacances comme bon nous semble, plus de reconnaissance et respect du personnel, favoriser l’embauche des salariés intérimaires afin d’en réduire le nombre et le coût, la mise en place d’un déroulement de carrière pour tous les salariés de l’entreprise. Aucune véritable formation n’a été proposée depuis plusieurs années. Pourtant, au vu des nouvelles technologies investies par l’entreprise, des propositions devraient être faites. Enfin, nous avons exigé le paiement des jours de grève.

NLA : Qu’avez-vous obtenu du patronat avec ce rapport de force ?
Nous avons réussi à obtenir un étalement des heures de grève jusqu’à décembre 2026, la possibilité de faire des heures supplémentaires au mois de juin et septembre, une prime exceptionnelle de 1280 € bruts pour les groupes d’emploi A à E et 360 € bruts pour les groupes d’emploi F et au-dessus.

Nous avons gagné l’augmentation de la prime de transport qui est de 17,95 € bruts à 23 € bruts jusqu’au mois de septembre, une augmentation générale de 2,7 % pour le groupe d’emploi de A à E et 1,5 € pour les groupes d’emploi de F et au-dessus. L’entreprise propose d’associer le CSE à la définition et au suivi d’un plan d’action sur l’organisation au travail, la communication interne, la relation entre encadrement et équipes, etc. La tenue de réunions régulières CSE/CSSCT thématiques (organisation, intérimaires, RPS, etc.) et la poursuite si nécessaire de démarches de médiation de groupes ou bilatérales. Au-delà de ça, nous avons montré à la direction que nous pouvions tous restés uni-e-s et soudé-e-s pour inverser le rapport de force!