Comme chaque début d’année, le comité spécial d’administration départemental (CSAD), chargé de définir la carte scolaire de la prochaine rentrée de septembre, rend sa copie sur le nombre de fermetures et d’ouvertures de classes dans le niveau primaire. Le 30 mars dernier, le CSAD présentait ses conclusions. Sans surprise, ce service du ministère de l’éducation annonçait la mauvaise nouvelle, la Loire-Atlantique perdrait 89 classes pour seulement 22 ouvertures. Malgré l’opposition de l’ensemble des syndicats d’enseignants et des associations de parents d’élèves, la décision était prise, même si des nouvelles discussions et négociations avaient lieu. À l’annonce de ce plan, enseignants comme parents d’élèves entendaient bien continuer à se battre pour défendre les écoles publiques. Une prochaine réunion de négociations avec les représentants du ministère devait avoir lieu le 7 avril.
Le 7 avril, après des heures de négociations, la direction académique annonçait revenir sur deux fermetures de classes, deux classes avec des élèves Ulis, en situation de handicap, l’une à Ancenis-Saint-Géréon et l’autre à La Baule. Pour Annabelle Cattoni, co-secrétaire départementale du syndicat SNUIPP-FSU « Le CSAD n’a été encore une fois qu’une chambre d’enregistrement d’une décision prise de façon unilatérale ». Pour les organisations syndicales et les associations de parents d’élèves, « les fermetures de classes de cette année sont une saignée sans précédent. »
Le budget 2026 de l’Éducation nationale prévoit des milliers de fermetures de classes et la suppression de 4000 postes d’enseignants. Il s’inscrit dans une logique d’austérité au prétexte de la baisse démographique et des 1,7 millions d’élèves en moins prévus en 2035. Pourtant, cette baisse démographique pourrait permettre de diminuer le nombre d’élèves par classe, favoriser un meilleur apprentissage, améliorer les conditions de travail des institutrices et instituteurs, des personnels, construire l’école de l’émancipation. En France, il y a aujourd’hui 23 élèves par classe en moyenne contre 19 dans la moyenne des pays de l’OCDE (Amérique du nord, Europe, Japon, Australie…).
L’école est dans un moment historique, où s’affrontent les intérêts du capital, qui pousse à la baisse de la dépense publique et à la réduction des moyens de l’Éducation nationale et dans le même temps favorise les écoles privées et leur taux de rentabilité. Pourtant, contrairement aux écoles privées, les écoles publiques accueillent l’ensemble des élèves qui le souhaitent, sans distinctions sociales ou religieuses. Malheureusement, avec l’affaiblissement organisé de l’école publique, gratuite et laïque par l’État, beaucoup de parents font le choix de scolariser leurs enfants dans des écoles payantes, voire confessionnelles.
Nous ne pouvons plus laisser faire les gouvernements qui marchandisent tout : l’école, la santé, le logement ou les transports publics… La mobilisation des parents, des personnels de l’Éducation nationale, des élus locaux et nationaux est indispensable pour battre la droite et l’extrême droite sur ces sujets pour lesquelles ils assument la hiérarchisation et la reproduction sociale de la société, les inégalités et les injustices tout au long de la vie. Ce faisant, ils rompent les lois scolaires de Jules Ferry et le pacte républicain qu’ils prétendent incarner.
