Après l’échec de son référendum sur la justice en mars dernier, la présidente du Conseil des ministres italiens Giorgia Meloni est en passe de gouverner l’état le plus endetté de l’Union européenne. Avec une dette publique évaluée à plus de 3139 milliards en février, l’Italie devrait dépasser un endettement de 138 % du PIB en 2026 alors que la Grèce verrait sa dette reculer autour de 137 %.
Dans un contexte où le poids des coûts énergétiques devient de plus en plus imposant, surtout pour un pays ayant renoncé au nucléaire. Auquel s’ajoute un mécanisme comptable décalé lié aux crédits d’impôts immobiliers massivement utilisés à l’époque du « Superbonus », allant même jusqu’à 110 % de remboursement. Pas de miracle économique pour le gouvernement italien d’extrême droite, la croissance s’amenuise d’année en année (0,9 % en 2023, 0,7 % en 2024, 0,5 % en 2025) malgré une politique d’austérité assumée. Bien que 71 % des Italiens estiment que leur pays va dans la mauvaise direction selon un sondage effectué en février, l’héritière du néofascisme conserve une part d’opinion favorable solide.
En parallèle l’extrême droite perd un de ses chefs d’État européens après la déroute de Viktor Orban et de son parti le Fidesz aux législatives hongroises. Après quatre mandats le désormais ex premier ministre n’a recueilli qu’un peu plus de 38 % des voix face à un ancien du Fidesz, Péter Magyar. Ce dernier, ayant quitté le parti d’Orban après 22 années d’adhésion pour fonder le parti Tisza en 2020, obtient 53,56 % des votes lui octroyant 138 des 199 sièges de l’assemblée hongroise. Un discours pro-européen et la promesse de lutte contre la corruption ont donc permis la victoire du candidat s’affichant du centre droit. Ou serait-ce plutôt la défaite d’un Viktor Orban toujours plus autoritaire et restrictif sur les libertés, ce à quoi il faut aussi ajouter le soutien du gouvernement américain avec les déplacements de JD Vance et Marco Rubio respectivement vice-président et porte-parole. Reste maintenant à voir le programme réellement appliqué par son « héritier ».
Une chose se dessine quant aux stratégies des partis nationaux-populistes, le soutien de Donald Trump et les tendances anti-européennes se retrouvent souvent sanctionnés par les électeurs en Eruope. Une virulence médiatique qui ne sert pas les volontés de dédiabolisation des politiques d’extrême droite, à l’image du Rassemblement national en France. Ce qui ne les empêche pas non plus de dévoiler leur vélléités d’un libéralisme économique décomplexé ni leur proximité avec le grand patronat...