Nos droits reculent. Partout, ils sont contestés, contournés, affaiblis. Mais une réalité demeure : nos droits tiennent là où des forces sociales et politiques s’organisent pour les faire vivre. Sur la scène internationale, les violations se multiplient. En Palestine, le droit international est piétiné. L’arraisonnement de la flottille humanitaire à laquelle participait notre camarade Raphaëlle Primet en constitue une nouvelle illustration. À Cuba, malgré les condamnations répétées de l’ONU, le blocus perdure. Dans plusieurs régions du monde, les logiques impérialistes s’imposent au mépris de la souveraineté des peuples. Les institutions internationales constatent, mais elles n’imposent plus.

Dans ce contexte, le droit devient un enjeu de lutte. La mobilisation pour la Palestine, la campagne de solidarité avec Cuba, l’engagement des forces progressistes à l’échelle internationale participent d’un même combat : faire respecter des principes qui, sans rapport de force, restent lettre morte.

Ce constat vaut également dans notre pays. La tentative de remise en cause du jour chômé le 1er mai, ou celle d’imposer des amalgames entre critique de la politique israélienne et antisémitisme, à travers la proposition de loi Yadan, ont marqué des étapes préoccupantes. Dans ces deux cas, la mobilisation a permis de faire reculer ces textes. Là encore, le droit et les libertés n’ont tenu que par l’intervention populaire.

En Loire-Atlantique, cette réalité prend une forme concrète. Les salariés de Valo’Loire et de TEN ont obtenu une victoire par leur mobilisation. Les luttes pour l’école publique, les combats pour le logement traduisent une même exigence : faire respecter des droits qui, sans action collective, sont fragilisés ou remis en cause.

Dans ce contexte d’affaiblissement de nos droits, la question de la sécurité et de notre défense revient avec force. Certains proposent d’y répondre par un recul des libertés publiques. D’autres posent la question des moyens militaires, comme avec la construction du porte-avion « France Libre » à Saint-Nazaire. Ces débats ne peuvent être confisqués, car la sécurité ne peut pas se construire contre le droit, pas plus que la paix ne peut être garantie sans souveraineté.

Ce numéro des Nouvelles de Loire-Atlantique porte une conviction claire : nos droits ne sont jamais acquis. Ils sont un terrain de lutte. Et dans un monde où les rapports de force s’exacerbent, une seule certitude demeure : sans mobilisation populaire, nos droits reculent ; avec elle, ils peuvent redevenir un outil d’émancipation.