Le propre de la catégorie des droites est de signifier que les inégalités sont naturelles et qu’en conclusion l’État doit faire peu ou rien pour les résoudre. Avec l’extrême droite, il y a une radicalisation de ces conceptions pouvant aller jusqu’au maintien de cet ordre social par la violence (la répression du mouvement ouvrier et progressiste de gauche notamment). C’est une de ses caractéristiques. Avec l’anticommunisme, ce fut le cas dans les années 70 en Amérique latine, bien que leurs dirigeants n’aient pas réussi à convaincre dans le domaine électoral.
Aujourd’hui des capacités électorales plus importantes montrent une tendance réelle à la montée en puissance de ces forces extrémisées ou extrêmes sans qu’il y ait de raz-de-marée global. Une vague politique progresse, elle est aussi sur le fond de nature religieuse, culturelle et identitaire dans un paysage marqué par la récession des années 2015. Cette vague n’est pourtant pas de la même intensité que celle de gauche qui a gouverné dans les années 2000.
En mettant en 1e ligne le thème de l’insécurité*, le président José Antonio Kast a été élu au Chili en décembre 2025, un ultra-conservateur qui est le plus à droite depuis la dictature de Pinochet en 1973.
Cette politique rétrograde s’exprime de même dans les domaines du genre et de la sexualité qui s’inclut dans le champ du patriarcat tout comme de l’inégalité suivant les origines (notamment les communautés indigènes latinos).
En 2023 le président argentin Javier Milei est arrivé au pouvoir sur les bases d’un libertarianisme économique dramatique pour les services publics. Les progrès des extrêmes droites ne se limitent pas à ces deux cas. Citons le Pérou, l’Uruguay, la Bolivie et du rôle de Maria Corina Machado au Venezuela dans les actions de déstabilisation du pays.
Rien n’est cependant inéluctable, certains pays résistent (Brésil, Mexique, Venezuela) à cette droitisation appuyée par la toute puissance du capitalisme étatsunien trumpiste et sa volonté de remettre en selle la doctrine Monroe réactualisée.
*En Amérique latine, le Chili reste l’un des pays les plus sûrs : en 2025, le taux d’homicides et féminicides est de 5,4 pour 100 000 habitants.