La Convention citoyenne lancée en juin dernier réunissant 133 citoyennes et citoyens tirés au sort avait pour mission de répondre à la question : « Comment mieux structurer les différents temps de la vie quotidienne des enfants afin qu’ils soient plus favorables à leurs apprentissages, à leur développement et à leur santé ? ». Le 23 novembre, la Commission adoptait son rapport final et rendait publiques vingt propositions. 

Parmi celles-ci l’allègement des journées en décalant l’heure de début des cours à 9h00 au collège et au lycée, un temps d’accueil échelonné avant les cours, une semaine d’enseignements sur cinq jours, du lundi au vendredi, un socle commun d’apprentissages élargi qui articule savoirs théoriques le matin et pratiques l’après-midi, l’ouverture des espaces et équipements des établissements scolaires en vue de mutualiser les locaux...

Pour Stéphane Bonnéry, Maître de conférences en Sciences de l’éducation et auteur de Temps de l’enfant, rythmes scolaires : vraies questions et faux débats (éd. de la Fondation Gabriel Péri), concernant l’allègement du temps scolaire : « Un problème majeur et souvent inaperçu ou sous-estimé, c’est que les élèves ont énormément perdu d’heures de classe depuis vingt ans. En prétextant leur fatigabilité, les politiques conduites ont fortement réduit les temps d’enseignement. Résultat : ces élèves sont moins exercés à se concentrer. Il est donc peu étonnant que les enseignants constatent qu’ils se fatiguent plus vite. »

Cette réduction du temps scolaire, toujours pour Stéphane Bonnéry, augmente la fracture sociale : « Cela limite la lutte contre les inégalités sociales de réussite scolaire quand les élèves qui n’ont que l’école pour apprendre les savoirs scolaires ont été privés du temps nécessaire. Cela enferme chacun davantage dans les déterminismes sociaux et culturels, puisque avec moins de temps, il est plus difficile de faire découvrir de nouveaux centres d’intérêt et de susciter des vocations non créées par les socialisations familiales ».

« Le PCF défend au contraire la reconquête du temps scolaire, la restauration d’un enseignement commun exigeant et d’un cadre national des formations et diplômes, des investissements massifs (7,5 % du PIB) et 100 000 recrutements, le retour à 4,5 jours pour regagner les heures perdues et un découplage du temps enseignant / temps élève, garder l’EPS et l’enseignement artistique comme obligatoires et recréer la discipline technologie. C’est ainsi que nous reconstruirons une école publique réellement égalitaire et émancipatrice. » 
(extrait du communiqué du 24.11.2025)