Avec le rejet catégorique de la loi sur la fin de vie, une nouvelle fois l’avancée de projets de loi d’importance majeure se heurte à la majorité sénatoriale de droite. La chambre haute du parlement français s’illustre régulièrement dans l’opposition à toute forme de progrès social, offrant au passage des débats souvent chaotiques. Si la réécriture du projet de loi immigration initiée par le gouvernement en 2023 avait mis en exergue la politique inhumaine souhaitée par le groupe de sénateurs LR, nombre de textes ont depuis également été rejetés par le Sénat avec plus récemment le PLF 2026 et la loi sur la fin de vie.
Dans sa composition sur les 348 sénateurs, le groupe LR compte 130 représentants. En comparaison, l’addition de l’ensemble des groupes politiques de gauche en compte 116, le centre et la macronie 98. Mis à part entre les renouvellements de 2011 et de 2014, la majorité de droite au Sénat est donc quasiment permanente. Au niveau de la représentativité démocratique, la chambre haute du Parlement se distingue de par son déséquilibre avec seulement 35 % de femmes, un âge moyen à 60 ans dont presque 200 membres au-dessus de la soixantaine. Plus de la moitié des sénateurs sont issus de communes de moins de 1 500 habitants alors que seulement 7 % proviennent des villes de plus de 100 000 habitants quand celles-ci ne représentent que 15 % de la population française.
Du côté des projets de lois plébiscités par la majorité sénatoriale on retrouve avant tout des textes affaiblissant les services publics et les politiques sociales, à l’image du vote de la proposition de loi visant à « conforter l’habitat, l’offre de logements et la construction » portée par les sénateurs LR et adopté fin janvier avec le soutien des centristes. Un projet de loi qui proposait dans sa version initiale de comptabiliser les cellules de prison dans les quotas SRU, avec le soutien de l’actuel ministre du logement Vincent Jeanbrun. Vivement contestés par les groupes socialiste, écologiste et communiste, le texte sera prochainement étudié à l’Assemblée nationale. Autre point fétiche des sénateurs LR, le durcissement des allocations chômage avec l’adoption d’un texte concentré sur la fraude sociale, comme le rappelle la sénatrice communiste Cécile Cukierman : « Les fraudes fiscales, qui sont la majorité de la fraude, ne représentent que 14 % des articles du projet de loi, alors que la fraude sociale, ce n’est que 14 % de la fraude et elle représente deux tiers des amendements ».
