Prenant prétexte de lutter contre des « formes renouvelée d’antisémitisme », la députée macroniste Caroline Yadan a déposé une proposition de loi en novembre 2024, cosignée par 120 parlementaires dont quelques socialistes, parmi lesquels François Hollande. Le texte, qui fait l’amalgame entre dénonciation de la politique israélienne et antisémitisme, a été adopté en commission des lois le 22 janvier et inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale du 26 janvier. Il a été soutenu par les macronistes et le RN, le PS s’étant abstenu et rejeté par le reste de la gauche.

Or, l’antisémitisme étant, à juste titre, déjà considéré non comme une opinion mais comme un délit – et l’extrême droite du spectre politique en sait quelque chose après des condamnations multiples, on perçoit la volonté de criminaliser toute expression qui serait en désaccord avec la politique menée par le gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou. 

Ainsi, serait-il possible, sans encourir de condamnation, de qualifier de génocide la destruction de la population gazaouie en cours ? De parler d’apartheid concernant la mise au ban systématique de la population arabe, tant israélienne que palestinienne ? De condamner la logique de prédation coloniale à l’œuvre à Gaza, Jérusalem-Est et en Cisjordanie, et ceci malgré les résolutions multiples de l’Onu ? D’approuver, contre l’État israélien mais avec 158 nations dont la France, la reconnaissance de la Palestine ? D’évoquer la possibilité d’une solution à deux états ? De dénoncer, voire simplement documenter arrestations arbitraires, emprisonnements illégaux aux conditions de détention indignes, actes de torture et autres violations des droits humains ?

Le texte, visant à dédouaner Benyamin Netanyahou et son gouvernement dans leur logique d’extermination, est une véritable provocation à l’encontre de toutes celles et ceux que la situation dans les territoires occupés par Israël révulse, une attaque en bonne et due forme contre le peuple palestinien tout entier.