Afin d’impulser des initiatives mémorielles communes entre la France et l’Algérie, Benjamin Stora a remis le 20 janvier à Emmanuel Macron un rapport recommandant la mise en place d’une commission « Mémoire et Vérité ». 
Cette commission, composée de personnalités des deux rives engagées dans le dialogue franco-algérien, serait amenée à formuler un certain nombre de propositions : commémorations du 19 mars à propos du cessez-le-feu ou du 17 octobre concernant la répression féroce de la manifestation parisienne, recueil de témoignages,  publication d’un « guide des disparus » (algériens et européens) de la guerre d’Algérie, poursuite du travail conjoint sur les essais nucléaires des années 60... Seraient facilités tous travaux de recherches sur la période coloniale et sur la guerre d’Algérie, tant par l’ouverture des archives en France comme en Algérie que par la simplification des formalités pour les universitaires, des moyens pour les traductions et éditions. Il est conseillé aussi de nommer des rues de communes françaises de noms de personnes issues de l’immigration et de l’outre-mer, d’ériger une stèle à l’effigie de l’émir Abdelkader ou encore de procéder à l’entrée au Panthéon de Gisèle Halimi, grande figure de l’opposition à la guerre d’Algérie. 

Entre autres choses, il est aussi préconisé un colloque international dédié au refus de la guerre d’Algérie par certaines grandes personnalités comme François Mauriac, Raymond Aron, Jean-Paul Sartre, André Mandouze et Paul Ricœur... il semblerait que le parti qui défilait sous les banderoles «Paix en Algérie», le Parti communiste français comme le Parti communiste algérien, parti d’Henri Alleg et de Maurice Audin soient hors des radars ! 

« Il ne s’agit pas d’idéaliser un rapport quel qu’il soit, un document officiel, mais se dire qu’il faut s’appuyer sur ces acquis pour aller plus loin et continuer le travail. En même temps, [rappeler] qu’on n’a pas attendu [le] rapport [de B.Stora] pour faire des travaux d’importance (...), je pense particulièrement à la thèse de Raphaëlle Branche sur la pratique de la torture, de Sylvie Thénault sur la justice ou encore sur les chercheurs des générations précédentes : Charles-André Julien, Charles-Robert Ageron, Mohammed Harbi, Gilbert Meynier...» nous disait Alain Ruscio lors de sa venue récente à Nantes.