Le 26 novembre dernier, les salariés indiens sont descendus dans la rue à l’appel de leurs syndicats pour protester contre les politiques néolibérales du gouvernement d’extrême-droite du BJP. Environ 250 millions d’entre eux ont cessé le travail, un record dans l’histoire de l’humanité. Les grévistes réclament la fin des privatisations, la hausse des salaires et l’abandon de lois antisociales permettant aux Etats de fixer la journée de travail à 12h.La grève a été particulièrement bien suivie dans la métallurgie, le BTP, les transports et les secteurs de la banque et des assurances. Tous les Etats ont été touchés, certains comme le Kerala ou Pondichéry ayant été complétement paralysés.
Depuis le 27 novembre, les agriculteurs ont pris la suite de la lutte en convergeant vers Delhi afin de protester contre trois lois agricoles. Celles-ci prévoient de mettre fin au système de prix garantis par l’Etat et de déréguler les marchés agricoles faisant ainsi rentrer les intérêts financiers sur les marchés agricoles indiens jusqu’ici protégés par l’Etat. Des dizaines de milliers d’agriculteurs font, depuis, le siège de la capitale et bloquent les autoroutes y menant, seulement tenus à distance par une répression policière extrêmement brutale. Les syndicats paysans ont prévu des vivres en quantité suffisante pour tenir plusieurs semaines voire mois.

Ce mouvement, ou Bharat bhand, est massivement relayé par la gauche indienne et en premier lieu par les communistes. Les deux principaux partis communistes d’Inde ont de concert appelé à l’intensification de la mobilisation alors que les négociations avec le gouvernement sont au point mort. Les agriculteurs ne demandent rien d’autre que le retrait intégral des lois néolibérales.

Les grèves générales font partie de la vie politique courante en Inde depuis la colonisation britannique. Elles se sont cependant multipliées depuis l’arrivée au pouvoir du BJP de Narendra Modi en 2014.