En 2014, le milliardaire Patrick Drahi a acquis SFR via Numericable (aujourd’hui Altice) grâce à un montage financier massif reposant sur l’endettement, ce qu’on appelle une LBO (Leveraged Buy-Out, ou rachat avec effet de levier). Cet achat, financé à 100 % à crédit, reposait sur l’idée d’utiliser les bénéfices de SFR pour rembourser la dette.

Ce choix a placé SFR dans une trajectoire où la dette a explosé. Malgré une diminution drastique des effectifs et un sous-investissement chronique, l’entreprise n’a jamais réussi à rembourser les dettes créées par le milliardaire. Patrick Drahi a multiplié pendant des années les acquisitions à crédit dans les télécoms, des deux côtés de l’Atlantique. Aujourd’hui, l’heure est à la déconstruction de son empire et ce sont les salariés qui vont, une fois de plus, trinquer dans cette affaire.

Le 6 juin, un protocole d’accord a été annoncé par le groupe Altice France, qui détient SFR, afin de lui racheter l’entreprise pour 20,35 milliards d’euros. Après plusieurs mois de négociations avec Bouygues Telecom, Orange et Free, les trois opérateurs français ont signé cet accord, qui ouvre la voie au démantèlement des activités de l’opérateur.

Ainsi, les actifs seront répartis entre les trois autres opérateurs : Bouygues Telecom (42 %) récupère SFR Business, des clients fixes et mobiles, ainsi que Prixtel ; Free via Iliad (31 %) prend la marque low-cost RED by SFR et une part importante des abonnés ; Orange (27 %) récupère plusieurs millions de clients et des opérateurs virtuels comme Coriolis et Syma.

Chez les salariés, l’inquiétude est grande : à terme, de nombreux postes deviendront des doublons chez les trois opérateurs. Ainsi, plus de 8 000 emplois seraient concernés par des licenciements et l’inquiétude grandit chez les syndicats face aux risques de suppressions massives de postes.

Ce jeudi 24 septembre 2026, l’intersyndicale du groupe Altice appelle à la grève de l’ensemble des salariés, réunis à Saint-Herblain sur le site ERT (techniciens fibre et bureau d’études). Environ 130 postes seraient immédiatement menacés sur ce site de SFR, mais à terme l’ensemble des salariés d’ERT (250 personnes) pourrait être concerné.

La fin de la marque SFR pourrait intervenir d’ici fin 2026 ou début 2027. Un plan de départ va être proposé mais, pour les syndicats, des garanties doivent être trouvées dès aujourd’hui, car « on nous promet un emploi jusqu’au 31 décembre 2028 », mais qu’en sera-t-il après…