Le 10 mars, les syndicats CGT et Sud santé avaient monté un « bureau d’embauches » devant le CHU de Nantes. Par cette action de recueil de CV, il s’agissait d’une part de démontrer l’absence de volonté de la direction, donc du Ministère de la Santé, de mener une véritable politique d’embauche ainsi que de dénoncer les besoins criants en termes de personnels – mais aussi de matériels – dans les secteurs de la santé. Les syndicats s’insurgent contre la politique menée avec brutalité de réduction des coûts de la santé.

Avec l’adoption du PLFSS – ou Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale, rien n’est fait pour améliorer l’état de fait : L’Ondam – Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie, a été établi à 265,9 milliards d’euros pour 2025 et à 274,4 milliards d’euros pour 2026, une augmentation de 3,3 % alors que la Fédération hospitalière de France demandait 4,4 % au minimum pour simplement maintenir l’existant. Par ailleurs, il est prévu le gel des dotations pour financer les mesures nouvelles dès le début de l’année …

Pour la CGT, « Ce sous-financement chronique est un frein pour pouvoir investir dans les nouvelles technologies au service des patients et des professionnels, de mener une politique de prévention digne de ce nom et de réduire le taux d’endettement des hôpitaux ».

Ce sont donc les personnels soignants qui trinquent : organisations de travail délétères, pas d’anticipation des arrêts prévisibles comme les congés maternité ni pour pourvoir les postes vacants. Dans les faits, l’épuisement généralisé engendre des arrêts de travail qui, non remplacés, ne font qu’augmenter l’épuisement général.

C’est dans ce contexte que les soignants du service des urgences du CHU de Nantes se sont mis en grève le 16 mars pour réclamer des postes et des moyens supplémentaires, une dizaine de postes notamment infirmiers, aides-soignants, agents de services hospitaliers qualifiés, brancardiers, avec des augmentations salariales. Ceci afin de « mieux prendre en charge des patients âgés et aux pathologies lourdes ». 

Ils évoquent de plus le manque de lits de soins de suite et de réadaptation et demandent l’ouverture de 120 lits d’aval avec le maintien de tous les lits.