En Loire-Atlantique se reproduisent les tendances nationales. La moyenne de la participation est restée faible pour un scrutin de proximité. Elle s’explique par la faible mobilisation des quartiers populaires dans les plus grandes villes (Nantes et Saint-Nazaire) mais aussi par l’absence de diversité de listes dans près de la moitié des communes du département où il n’y avait qu’une seule liste. Dans ces communes, comme dans d’autres communes périurbaines la question de l’intercommunalité a été absente des campagnes électorales. Pourtant, les Communautés de Communes ou d’Agglomérations gèrent des services publics locaux du quotidien de territoires souvent excentrés : politique des déchets, eau et assainissement, mobilités… Dans les territoires diffus, la distance mise entre les citoyens et ce lieu de décision n’y est pas pour rien.

S’il n’y a pas de vainqueur clair, la droite a progressé notamment dans des villes de la métropole nantaise où elle gagne à la gauche Couëron, La Chapelle-sur-Erdre, Les Sorinières, Bouaye et Orvault. Elle renforce également ses positions dans les territoires ruraux parfois avec une étiquette politique assumée mais aussi sous l’appellation « sans étiquette ». C’est l’une des conséquences de la crise politique. Il était plus confortable pour beaucoup de candidat-e-s d’apparaître sans affiliation plutôt que mêlés au bilan politique du gouvernement et aux jeux politiciens nationaux qui suscitent du rejet.

Le RN n’a pas réussi à s’implanter et à conquérir officiellement de municipalités. Il comptait prendre Donges, Herbignac ou Pornic, mais partout ils ont obtenu des scores bien en deçà de leurs espoirs. Le RN n’est donc pas le vainqueur attendu !

La macronie enregistre des revers significatifs. D’abord parce qu’elle était peu présente sur les listes mais surtout parce qu’elle comptait sur une victoire à Nantes pour réussir à prendre la tête de la métropole. Les amis d’Emmanuel Macron n’auront pas l’implantation locale espérée.

À gauche, outre les pertes importantes dans la métropole nantaise pour toute l’union de la gauche (PS, EELV, PCF), il n’y a pas eu de chamboulements significatifs ailleurs. Fait important, la gauche remporte Donges pourtant promise au RN. Les tentatives de LFI pour conquérir ou faire perdre de nombreuses villes déjà à gauche n’auront pas eu les effets escomptés même si Couëron bascule à droite à cause du maintien de la liste LFI au 2e tour. À Nantes, les mélenchonistes ont passé un accord technique pour le 2e tour mais seront dans l’opposition durant le mandat.

À l’issue de ce scrutin les communistes de Loire-Atlantique disposent d’une trentaine d’élus dans le département et seront des points d’appui pour les populations à Carquefou, Couëron, Gorges, Montoir-de-Bretagne, Nantes, Préfailles, Rezé, Saffré, Saint-Herblain, Saint-Jean-de-Boiseau, Saint-Julien-de-Concelles, Saint-Nazaire ou Vertou. Cette implantation et le tissu militant qu’ils représentent en font un parti qui compte en Loire-Atlantique.