Contrairement aux municipales de 2008 et 2014 qui avaient sanctionné la majorité présidentielle et consacré l’opposition, aucun vainqueur ne se dégage en 2026. 2020, marqué par la pandémie, avait été caractérisé par une abstention massive et une vaguelette verte dans les très grandes villes avec les gains de Bordeaux, Strasbourg et Lyon.
L’analyse dominante était celle d’une gauche forte dans les grands centres urbains et faible ailleurs.
La gauche est restée très forte dans des villes comme Lille, Rennes, Montpellier ou Strasbourg. Inversement à Paris, Nantes, Marseille et Lyon, la droite y tutoyait la gauche. À Bordeaux elle était en tête, à Nice, Toulon ou Reims la gauche marginalisée.
La gauche n’est plus à la peine en dehors de grandes villes. Elle est à la peine partout. À quelques exceptions près, elle ne parvient même plus à profiter des nombreuses triangulaires et quadrangulaires. C’est l’autre enseignement : les électorats de droite sont très largement miscibles, n’hésitant pas à passer du RN à LREM pour faire barrage à la gauche.
La gauche n’est également pas parvenue à créer des dynamiques d’union. À Brest ou Toulouse, la gauche unie fait moins bien que la somme de ses composantes au premier tour. À Limoges, Nantes ou Clermont-Ferrand, l’addition se réalise mais sans créer la moindre dynamique supplémentaire.
Le PS est le grand perdant de cet affaiblissement en nombre, en proportion c’est EELV qui paie le plus lourd tribut en perdant Bordeaux, Strasbourg, Poitiers et la métropole de Lyon.
Ce n’est pas seulement une poussée de la droite à laquelle a été confrontée le pays, c’est une vague brune. Plus ou moins assumée, la droitisation des discours et des électorats a marqué ce scrutin. Si le RN échoue à Toulon, Nîmes et Marseille, il conserve majoritairement ses mairies en en conquérant de nouvelles. La cinquième ville du pays est désormais dirigée par Éric Ciotti avec son soutien.
L’éparpillement politique qui caractérise l’Assemblée nationale depuis les législatives de 2024 s’est également retrouvé dans les mairies. La prime majoritaire pourrait ne plus suffire à garantir des majorités stables. Les alliances larges et autres accords techniques la neutralisant. Le risque est de voir les maires qui jouissent encore d’une forte popularité auprès de leurs concitoyens se perdre dans des conseils municipaux divisés, aggravant encore la crise démocratique.
