Dans cette commune du vignoble nantais, les débats sur le budget 2026 ont eu un air de campagne électorale. À trois mois des élections municipales et intercommunales, où deux listes sont pour le moment annoncées, une de droite et une de gauche, les deux camps ont débattu finances locales et fait apparaître deux approches différentes. Le contexte politique et économique, l’absence de budget national, soulèvent des inquiétudes et créent beaucoup d’incertitudes pour les finances des collectivités territoriales déjà exsangues parfois. À Gorges, le budget équilibré présenté prévoit 5 millions d’euros de recettes de fonctionnement et 2,5 millions d’euros de dépenses d’investissement. Sauf que depuis le début du mandat, seul un tiers de ce budget investissement est réalisé. D’année en année, des investissements sont donc reportés. Certains ont presque dix ans.

Didier Meyer, maire divers droite et vice-président de la communauté d’agglomération Clisson, Sèvre et Maine, qui prétend être non partisan mais qui figurait sur la liste de Joël Guerriau aux dernières élections sénatoriales, a donc défendu la prudence, les économies et le non recours à l’emprunt pour les investissements à venir. Pour l’édile, c’est l’autofinancement, les marges dégagées du budget de fonctionnement, qui doivent payer les investissements. Pourtant, la commune n’a pas emprunté depuis 2018, son encours de dette est à moins de quatre ans et des investissements importants sont à prévoir : la rénovation de l’école publique, une passerelle au-dessus de la Sèvre, la séparation des eaux usées et des eaux pluviales… Cette gestion des deniers publics est dans la droite ligne des recommandations du gouvernement : austère. 

Pour l’opposition de gauche conduite par le communiste Pedro Maia : « Le choix politique de ne pas recourir à l’emprunt hypothèque la réalisation de projets structurants mais affaiblit aussi les capacités de la commune à répondre à des besoins sociaux (accompagnement social des personnes en difficulté, des personnes en perte d’autonomie…) ou aux besoins de services publics locaux qui grandissent : aide sociale, interface avec l’agglo, aide à l’utilisation des outils numériques… ». À force de reporter des investissements importants, la commune produit de la dette grise et, tôt ou tard, il faudra dépenser sous la contrainte, dans un contexte politique et avec des conditions bancaires inconnues. 

Cette remarque n’aura pas été entendue, elle est tombée dans une oreille de droite.