Début 1962, année qui devait voir la fin de la guerre d’Algérie, l’OAS (Organisation Armée secrète), ne se satisfaisant pas de semer la terreur sur le territoire algérien, s’est mise à multiplier les attentats en métropole : « Nuit bleue » d’une vingtaine d’explosions au plastic à Paris le 17 janvier, attentats ciblés contre des personnalités – le 7 février, une enfant meurt dans un attentat visant André Malraux...

En réaction, PCF et CGT appellent à une manifestation le 8 février 1962, manifestation interdite par le préfet Maurice Papon et qui va cependant rassembler plusieurs milliers de personnes dans les rues de la capitale. 

Au moment de la dispersion, la police a soudainement chargé les manifestants du côté du métro Charonne, dont une partie va chercher à se réfugier dans la station. Écrasés, étouffés sous le nombre, matraqués par les policiers qui leur jettent des grilles d’arbre, neuf femmes et hommes, cégétistes et communistes vont perdre la vie : Jean-Pierre Bernard, 30 ans, dessinateur aux PTT, Fanny Dewerpe, 31 ans, secrétaire, Daniel Féry, 15 ans, apprenti, Anne-Claude Godeau, 24 ans, employée aux chèques postaux, Hippolyte Pina, 58 ans, maçon, Édouard Lemarchand, 40 ans, employé de presse, Suzanne Martorell, 36 ans, employée à L’Humanité, Raymond Wintgens, 44 ans, typographe et Maurice Pochard, employé de bureau, 48 ans, décédé le 20 avril 1962 à l’hôpital à la suite de ses blessures.

Plus de 250 manifestantes et manifestants vont être blessés ce jour-là.

Comme chaque année, une cérémonie a eu lieu au cimetière de la Gaudinière à Nantes en hommage à la Nantaise Anne-Claude Godeau, ainsi qu’à ses camarades.
En commémorant Charonne et la manifestation du 8 février 1962 nous rappelons combien fût grande la terreur orchestrée par les extrémistes de l’OAS, organisation dont certains membres seront aux fondements du Front National, l’ancien nom du Rassemblement national.