Porté par une centaine d’éleveurs, le projet a émergé en 2018 suite à la fermeture de l’abattoir de Challans. Les éleveurs du Sud Loire et du Nord Vendée, notamment ceux qui commercialisent en vente directe et en circuit court, n’arrivent pas systématiquement a faire prendre en charge leurs tâches par les grands abattoirs du territoire.

Ce constat ne touche pas spécifiquement ce territoire car, depuis plusieurs décennies, les grands groupes agroalimentaires ont racheté des entreprises locales, qu’il s’agisse de salaison ou d’abattage. Leurs logiques financières organisent le regroupement des structures et l’utilisation des viandes les moins chères proposées par un marché de plus en plus mondialisé. Évidemment, les logiques qui les guident entrent en contradiction avec les impératifs de maintien de l’emploi, de qualité des produits, de respect du bien-être animal et plus largement de souveraineté alimentaire.

Face à cette situation, treize collectivités se mobilisent aujourd’hui pour aider au financement d’une solution aux multiples fermetures d’abattoirs dans la région. Cette démarche constitue un signal encourageant. Elle démontre qu’il est possible de construire des réponses locales, durables et adaptées aux réalités du terrain. Une fois encore, c’est la puissance publique et les collectivités locales qui doivent intervenir, après coup, pour réparer les dégâts causés par des stratégies d’entreprise dont les montages financiers méritent d’être sérieusement questionnés. 

Si ce projet porte déjà un nom, Abattoir multi espèces Salvae (Solution d’Abattage Locale et sur le Lieu de Vie des Animaux d’Élevage), la structure juridique qui va la porter n’est pas pour le moment définie : coopérative, société d’économie mixte ou autre. L’important est que la maîtrise publique dans ce secteur soit de retour. L’idée n’est pas de revenir aux abattoirs municipaux mais d’avoir les outils nécessaires de nos agriculteurs pour fournir nos cantines.