Dans un mois, les élections municipales et intercommunales détermineront l’avenir de nos territoires pour les six prochaines années. Les enjeux politiques locaux sont énormes tant pour la vie quotidienne des habitants que pour les leçons politiques qu’il faudra tirer du scrutin.
Si ces municipales sont par nature un scrutin de proximité, elles auront des répercussions nationales. Elles sont essentielles pour les forces politiques et leurs rapports de force respectifs, à un an de la présidentielle et à six mois des élections sénatoriales qui vont renouveler la moitié de la chambre haute.
Pour les macronistes de Renaissance, l’enjeu sera de parvenir à s’ancrer à l’échelon local. Le parti dirigé par Gabriel Attal a choisi de soutenir des candidats plutôt que de multiplier les têtes de liste. D’actuels ou anciens membres du gouvernement se présenteront dans certaines villes comme à Aix-les-Bains ou à Annecy.
L’élection sera de la plus haute importance pour Édouard Philippe, candidat déclaré de longue date à la présidentielle. Une défaite à la mairie du Havre face au leader communiste de la liste d’union de la gauche sans LFI, Jean-Paul Lecoq, pourrait saper son avenir politique. Les Républicains ont besoin de conserver leur forte implantation locale. Alors que LR ne dirige plus qu’une commune de plus de 150 000 habitants (Nîmes), le parti de Bruno Retailleau espère s’imposer dans des grandes villes telles que Paris, avec Rachida Dati et Lyon, où il soutient la candidature de Jean-Michel Aulas. Le Rassemblement national compte sur le scrutin municipal pour développer son maillage territorial. Le parti d’extrême droite affiche des ambitions dangereuses : plus de 700 têtes de liste devraient être investies, contre 410 en 2020, avec pour cibles Marseille et Toulon.
À gauche, le Parti socialiste voit dans l’union de la gauche le seul moyen de conserver son implantation locale et la moitié des plus grandes villes de France. Les Écologistes espèrent, eux, confirmer leurs bons résultats de 2020 et conserver Bordeaux, Lyon, Grenoble ou Strasbourg.
La France insoumise, quant à elle, joue la division et fait le choix de partir seule dans ces élections, de disputer des villes aux autres forces de gauche pour les affaiblir quitte à faire gagner la droite ou l’extrême droite.
A contrario, le PCF veut rassembler pour battre la droite et l’extrême droite, pour protéger les populations des logiques de marché et des désengagements de l’État. Forts de leur implantation en tant que troisième force politique locale, les communistes créent les conditions pour préserver leurs positions et essayer de conquérir des grandes villes comme Le Havre ou Nîmes.
