Le peuple haïtien se mobilise depuis désormais trois mois contre l’installation d’une dictature avec la complicité de l’administration états-unienne.

 Alors que son mandat s’achevait fin janvier, le président Jovenel Moïse s’accroche au pouvoir contre toute forme de légalité. Afin de protéger son pouvoir, celui qui n’a eu de cesse de renforcer l’autoritarisme depuis le début de son mandat a prévu un référendum en juin afin de promulguer une constitution sur mesure.
Le silence de la France et des Nations unies est accablant. Le conseil de sécurité de l’ONU s’est même rendu complice des manœuvres en cours en soutenant l’idée d’une présidentielle prévue en septembre.

Haïti, pays le plus pauvre des Caraïbes, est en proie à une violence politique et criminelle sans précédent. Des gangs enlèvent les habitants dans un but de rançon et le pouvoir est incapable d’endiguer ce phénomène. Pire, il y participe en enfermant des centaines d’opposants politiques. Privé de parlement, ayant changé de Premier ministre, Jovenel Moïse apparaît bien isolé face à une rue de plus en plus déterminée.